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Sijilmassa

Avec son important centre caravanier et religieux, cette cité mythique du VIIIe siècle acquit une prospérité inouïe au cours des 4 siècles suivant. Un faste qui par son commerce transsaharien, rayonnait sur une grande partie de l’Afrique occidentale.

Fondée vers 757 de notre ère par les berbères Zenètes, une des grandes tribus nomades, à l’époque du règne de Pépin le Bref, roi des Francs, Sijilmassa est la plus ancienne des villes du sud, fondée comme la capitale d’un mouvement à la fois religieux et politiques par les kharijites, troisième branche de l’islam en cette terre, après le sunnisme et chiisme.

Le kharidjisme se divise à son tour en diverses communautés et tendances. Assez austère, ce mouvement naquit de l’éclatement entre chiites et sunnites. Ils étaient à la fois contre le principe chiite qui désigne les dirigeants de l’Islam uniquement au sein de la famille du Prophète, et contre les sunnites, qu’ils considéraient décadents et corrompus. Ils refusaient luxe et superflu, leurs dirigeants étaient choisis pour leurs vertus, se soumettant à une vie ascétique.

Paradoxalement, Sijilmassa deviendra rapidement un important point de passage des caravanes sahariennes. Elle côtoyait le commerce de l’or, de l’ivoire, du sel, d’artisanat local et aussi, bien malheureusement, des esclaves. En parallèle, l’oued Ziz coulant par là, abreuva la chaleureuse palmeraie du Ziz et sa richesse agricole.

Avec le commerce opulent venait l’ouverture sur d’autres contrées, économique et donc politique ; ce qui rendit la cité de Sijilmassa ouverte à toutes les convoitises ou controverses. Les différents sultans des provinces du royaume du Maroc tentèrent soit à abattre sa puissance, soit à la conquérir.

Sijilmassa prospéra jusqu’au XIIe  siècle et connut un déclin flagrant jusqu’à sa destruction totale, en 1818, par les Almoravides. De cette cité il ne reste aujourd’hui que quelques ruines à la sortie de Rissani.

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